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L'escargot est un animal lent, qui persévère souvent et qui, de toute façon, laisse toujours une trace.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 20:02

source : la dépêche

 

Habituée de la promenade sur la digue des Sept-Deniers, une piétonne dénonce la vitesse excessive de certains cyclistes et s'inquiète du projet d'autoroute à vélos.

«Ces messieurs, la tête dans le guidon, les yeux rivés au loin, avancent à une vitesse incroyable, ignorant tout le monde : piétons, chiens, enfants, «vélos plaisir»… Il n'y a qu'eux et leur performance qui comptent. Ils foncent, pestant contre ceux qui les retardent.» Habitante du quartier toulousain des Sept-Deniers où elle est née, Simone, 73 ans, est une habituée de la promenade sur la digue qui, de Blagnac au pont des Catalans, longe la Garonne. Elle se décrit comme «une piétonne qui fait sa marche tous les matins et pense la faire encore longtemps.» Mais aujourd'hui, elle se révolte contre les cyclistes «émules d'Amstrong» et se veut la porte-parole de tous ceux qui, comme elle, subissent leur vitesse excessive, leurs récriminations et parfois leurs injures. «L'autre jour, ils ont insulté un handicapé. Je suis un peu ahurie. C'est inadmissible ! On est là pour se détendre. Ils peuvent nous respecter. Même entre cyclistes, on sent une animosité», souligne-t-elle.

Trois cents vélos par heure

Ces comportements, Simone les dénonce dans une lettre qu'elle a adressée au président de l'association Vélo et à la mairie. La question n'est pas anecdotique : dans la Ville rose, l'utilisation de la bicyclette connaît un boom. Certains axes, qui permettent d'accéder au centre, sont particulièrement fréquentés. Sur la digue, les bénévoles de l'association Vélo ont recensé 300 cyclistes pour une seule petite heure en début de matinée, au moment où les gens se rendent au travail. C'est sur ce même créneau horaire que Simone croise les fous du guidon. Ce que décrit la retraitée est tout aussi vrai sur les bords du canal. Et au cœur de Toulouse, rue Alsace-Lorraine, la cohabitation est également problématique. Alors, quand elle voit arriver le projet d'autoroute à vélos, défendu par l'association des cyclistes et étudié par la municipalité, Simone s'inquiète…

«Les cyclistes veulent bien que les voitures partagent l'espace avec eux mais, eux, ne songent pas le partager», juge-t-elle. «Ils demandent de plus en plus de droits et veulent même s'affranchir du code. Au nom de quoi ?» interroge-t-elle. Et comme elle ne manque pas d'humour, la piétonne conseille aux pressés de ralentir «pour admirer le paysage» et arriver au boulot «apaisés, détendus et performants. Sans passer par la machine à café pour se donner du tonus !»


«Le but n'est pas de faire de la vitesse»

Réseau express vélo ou autoroutes à vélo : «les mots font peur mais le but n'est pas de faire de la vitesse. Il s'agit d'aménager des voies pour fluidifier la circulation. Sur ce type de réseau, tel qu'il existe dans d'autres villes, la vitesse moyenne est de 20 km/h», avance Sébastien Bosvieux, le président de la très active association Vélo qui regroupe 900 adhérents. Le représentant des cyclistes ne se voit donc pas en coureur du Tour de France, dit-il clairement, et il reconnaît que «certains se comportent comme des automobilistes». «Le premier message est le respect et le partage de l'espace public», assure Sébastien Bosvieux, respect «du plus faible», c'est-à-dire «du piéton». Ceci étant dit, ce mot d'ordre ne l'empêche pas d'émettre des exigences vis-à-vis du piéton «qui doit marcher à droite». «La discipline doit être des deux côtés», demande-t-il. Pour lui, vu le nombre de cyclistes qui empruntent les digues de la Garonne (300 en une heure d'après le pointage des bénévoles), «c'est déjà de fait une autoroute».

6 km/h maxi rue Alsace

Le président de l'association reconnaît qu'il existe différents usagers et donc «forcément des conflits». Pour y remédier, il voit deux possibilités : la prévention, pour laquelle il plaide, ou «la séparation des flux», sur laquelle il est plus réservé. «Créer une piste cyclable, c'est compliqué et pas forcément souhaitable. Il faut que les gens apprennent à cohabiter.» Et à ce titre, il estime qu'à Toulouse, «on a beaucoup de retard». Le 22 mai, des bénévoles de Vélo, avec l'aide de la police municipale, mèneront une action de prévention rue Alsace-Lorraine où la cohabitation est aussi difficile. Dans cette artère du centre ville, la priorité est au piéton. Le cycliste doit ralentir et mettre pied à terre si nécessaire. Sa vitesse est limitée à 6 km/h..

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Published by ABAVE - dans vélo
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